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PARENTHÈSE IMPUDIQUE, DANS LA GENÈSE DE L'ALBUM "NEXT"

PARENTHÈSE IMPUDIQUE, DANS LA GENÈSE DE L'ALBUM "NEXT"

L'allure tantôt lente, tantôt précipitée, de folles extases en dégoûts, de tourbillons émotionnels en stimulantes réalisations, d'introspections fumeuses en compréhensions pures et limpides, au travers de son processus naturel impermanent et interdépendant, l'existence fait bel et bien son oeuvre, les années défilant de manière si fascinante.

Cette dernière a beau regorger d'ambivalence, elle n'en demeure pas moins merveilleuse, débordant par-dessus tout de trésors sans pareil, encore faut-il savoir les cueillir…c'est à la portée de tout un chacun.
De fait, chaque minute dans l'instant présent devient une occasion propice à ré-ouvrir nos corps et nos esprits à ce rapport intensément jouissif à l'égard du cosmos.
Je l'écris d'autant plus à dessein que ce troisième opus "NEXT!" en illustre, en partie, au fil des chansons qui y résident, mon expérience directe.

Tout ce que l'on est s'enracine dans nos plus grandes expériences, voilà qui est indéniable.

Je vais ici, une fois n'est pas coutume, me laisser aller à quelques fragments de confession, afin d'illustrer une partie des sources d'inspirations ayant donné vie à ce nouvel opus bien symbolique.

Semi-ascèse, en quête...de soi.

Durant deux bonnes années, j'ai opté pour une certaine réclusion spirituelle.
Nulle question ici de retraite au sein d'un monastère ou autre, même si l'idée n'en est pas moins ragoûtante, mais plutôt un sérieux besoin de retour à soi, de régénérer ses ressources.
Il s'avère qu'un certain nombre de désillusions diverses et variées, tant professionnellement que personnellement, m'ayant quelque-peu lassé, je décidai de m'octroyer une sérieuse et totale prise de recul.

Au demeurant, bien sûr, je n'ai jamais cessé de travailler dur, sans même négliger le pouvoir de la création, l'un de mes inégalables moteurs, au quotidien.
Là où certains pourraient non scrupuleusement expectorer leur habituelle et hâtive nigauderie en disant que je me suis coupé du monde, j'assènerais que j'ai choisi de faire l'économie de ce dernier, des consommations extérieures excessives, des considérations superflues, j'en passe et des meilleures. Jamais, je n'ai fermé la porte à qui que ce soit, mais un tri s'est imposé, sans trop crier gare, je l'ai donc accueilli. Qu'est-ce que les gens peuvent perdre comme temps précieux à vouloir remplir leurs vies de manière compulsive, sans réelle présence aux choses…sans réelle conscience.

Je sentais bien qu'il me fallait, en quelques sortes, apprendre…ou ré-apprendre.
Non sans tâtonnement parfois, tant physiquement que "psychiquement" car, à l'instar des enseignements du Dharma pour lesquels j'ai une tendresse plus que particulière, il faut savoir accepter de s'égarer un peu trop, malgré soi, outrepasser ainsi quelques-unes de ses limites, saisir l'ampleur de certains excès pour trouver le sentier médian, ou, si je puis me permettre de surcroît, "la voie du milieu". Entendons-nous bien, l'allusion au Bouddha ne reflète rien d'ultime ou d'exemplaire, je partage simplement quelque-chose de personnel.

Tout comme je ne prône rien de masochiste là-dedans. Il s'avère cependant que les circonstances peuvent parfois être affolantes, sans que nous les sentions arriver, c'est inhérent à la vie. Et pour ma part, c'est par le biais ces circonstances, à priori défavorables à souhait, que j'ai saisi le véritable sens du terme "positiver", certes aujourd'hui cochonné, à l'heure où les gens veulent tout, tout de suite, se tournant hâtivement vers les illustres gourous du bonheur qui leur promettent des recettes toutes faites, en "tartines leurrées" (un peu tiré par les cheveux mais vous m'aurez compris).

"Positiver", à mon humble avis, c'est, au gré de nos fluctuantes perceptions, parvenir à changer, peu à peu, les aspects d'une situation se présentant comme pénible, en y instiguant une toute nouvelle subjectivité qui deviendra peu à peu objectivité, à la lumière du moindre brin de leçon que nous pourrons en tirer, afin d'en ressortir meilleur et de rendre chaque aspiration fructueuse. C'est ainsi qu' Emerson parlait de "confiance en soi"…c'est ainsi que Nietzsche affirma notamment "Ce qui ne me tue pas me fortifie".
Dignes errances, donc… De la multitude des plaisirs frôlant parfois l'orgie, des contingences que l'on s'impose pour se prouver ce qui pourtant peut se simplifier tout en constituant un ou plusieurs défis osés, des performances physiques à la quête perpétuellement obsessionnelle du dépassement de soi, jusqu'à l'ascétisme et l'abstinence…jusqu'à n'en recueillir que l'asthénie totale et en dévoyer l'authentique extase sensorielle dans sa nature profonde.
Par-delà les logiques tribulations, se décider un jour à étudier, chercher, comprendre les mystères de la physiologie, des mouvements incessants de l'esprit aux côtés au corps, afin de les reconnecter et d'en refaire un inégalable partenaire de pleine confiance et de pleine conscience, pour déployer à nouveau ses ailes, d'entreprise en entreprise, de rêve en rêve…et atteindre un bonheur tangible, en tout et pour tout. Des reflets de plénitude en somme, tel un héritage philosophique prudemment modeste, évidemment. C'est un choix…et chacun fait comme il le souhaite, s'il le souhaite.
Je le sais maintenant, à chaque jour suffit son enseignement…je n'ai aucun regret.

L'âme éclairée, se donner les moyens de faire de sa vie une oeuvre d'art…

J'avoue qu'il m'est parfois arrivé d'éprouver une certaine peine, me sentant fatalement un peu esseulé, réalisant que ce que j'avais jadis pris pour des liens indéfectibles, n'était en fait qu'un tissu fragile et putride d'égotisme ou encore d'abnégation, l'âme humaine est ainsi faite…et lorsqu'elle subsiste à sens unique, sans nourriture mutuelle, sans les engrais du coeur créant le jardin féérique des plus belles alchimies, l'amitié, par exemple, devient inimitié; ce n'est point une fatalité, si l'on sait le reconnaître, sans aucune amertume et avec toute sa liberté renaissante, comme en l'occurrence.
Il est certain que le sujet des rapports humains est pour le moins vaste…mais on ne peut aspirer à trouver l'empathie, la patience, la bienveillance et l'ouverture au sein d'âmes en étant dépourvues, même si leurs revendications y sont proportionnelles…du moins lorsqu'il s'agit de leurs propres intérêts.
Comment dit-on, là également ? "Next…", soyons fous.

Cela dit, en profiter pour se remettre soi-même en question, cultiver la résilience, régénérer sa vigilance va davantage de soi, pour réellement avancer.
Libre à nous de rester, n'ayons point peur des mots, coupables du fait de laisser la place à la toxicité, quelle qu'elle soit…ou de la chasser, à jamais. Au bout du compte, nous devons être capables de pardonner, se donnant le droit de renoncer, si cela va dans le sens de notre liberté, une fois de plus..
Un jour, nous décidons de cesser de nous laisser aller aux ruminations ou aux projections sans aucun relief substantiel, ne nous en tenant qu'au présent, car seul ce dernier n'a pas de fin, je ne le dirai jamais assez, alors pourquoi ne pas le savourer ?
Se débarrassant ainsi de cette cécité mentale, nous voyons à nouveau la vie dans toute sa magnificence, nous nous en émerveillons à nouveau, au contact d'une femme qui nous aime inconditionnellement, d'un parent, d'un ami, de nouvelles rencontres magiques qui nous galvanisent, d'une famille que nous choississons de construire, qui nous nourrit autant que ce que nous la nourrissons de scintillants élans émanant d'un coeur tout neuf.

"Il faut se féliciter de la splendeur renouvelée de chaque matin"…

Next ! Ensemble…

De ces grandes routes, je suis ressorti plus fort que jamais, à tous les niveaux. Et chaque jour, cette force grandit, sans relâche, entre sérénité et puissance d'exister.

L'indépendance que j'arbore relativement souvent traduit également une pensée libertaire renaissant de ces cendres…au plus j'apprend, au plus je m'en abreuve, au plus nous ne faisons qu'un. Et je vous encourage à la créer.
Vivre la vie que l'on a toujours voulu avoir, la sculpter seconde après seconde, constitue le plus lumineux mépris envers tout ce qui s'apparente à nos grandes zones d'ombres, pour que ces dernières n'aient plus le moindre zeste de prétexte de se manifester.
Vous en êtes toutes et tous capables...

Dans ce nouvel album, j'ai donc livré des bouts de moi-même, autant de révélations de l'esprit que de doux fruits d'éternelles contemplations, réflexions…chancelant entre humour, force, espoir et dignité.
Tout en l'écoutant, accueillez-le donc comme une preuve d'amitié, un humble accompagnement.
Comme on invite parfois à lire "entre les lignes", je sais que vous saurez subtilement distiller, à votre guise, entre les mots et les notes, ces précieuses ondes d'espoirs, qui je l'espère vous feront ne serait-ce qu'un peu de bien, en gardant toujours en mémoire que rien n'est impossible.

Car le message fondamental de "NEXT!" est que la vie est une fête, dont nous demeurons les seuls à pouvoir décider de savourer la quintessence…pas seulement en le théorisant mais au fil d'une réelle pratique quotidienne. Ce n'est pas chose aisée, mais ça en vaut indéniablement la peine, dans la course au bonheur, pour soi et pour les siens.

Sachez que si j'ai le privilège de partager avec vous quelques divins éclat de ce digne bonheur, ici ou ailleurs…j'en serai d'autant plus heureux.

Bonne découverte…

T.

 

Tommy en interview sur BlogStory Marseille
"NEXT !" | Le concert | Théâtre Mazenod | Marseill...

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